Voie lactée 

Quitter le Myanmar. Expérience magnifique. Rester trois jours à Georges Town en Malaisie. Puis filer vers les Philippines, à Manille. De Manille, prendre un avion pour Dumaguete et de la, un ferry vers l’île de Siquijor. C’est le programme des prochains jours. Je vais rester un peu plus longtemps au Philippines que ce que j’avais prévu initialement. Je ferai mon extension de visa sur place. A Yangoon, j’ai la sensation d’avoir été à quai pendant quelques jours. Et c’était parfait. Le temps d’organiser la suite du voyage et de doucement préparer ma rentrée Montréalaise. Il y a de beaux projets sur le feu. Automne occupé. Note à moi même : faut que je fasse attention à mon budget dans les prochaines semaines. J’ai eu par moment la main un peu légère en choisissant certains hôtels. Bientôt la onzième semaine du voyage. Le temps file de plus en plus vite. Je regarde mon calendrier imaginaire. Celui que je tiens depuis longtemps et qui court jusqu’en 2019. Je repense à ce voyage. Et je travaille dans ma tête à me lancer dans une aventure plus longue prochainement. C’est sur la table. Le besoin de sentir sur une traversée plus grande, l’expérience de l’espace et du temps. Dernière bière à Yangoon. Est ce que j’hallucine ou les piqûres de puces que j’ai sur le bras forment une voie lactée ?

Pesanteur zero

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Il y a Montréal. Je sais qu’il y a Montréal quelque part dans ma tête. Montréal qui ne change pas à en croire Facebook. Et c’est bien. Au moins une chose fixe et rassurante sur lequel se reposer en rentrant. J’espère que mes plantes seront encore vivantes. Pas de problème pour les cactus, mais pour les autres ?

Dans le café où je me trouve, un couple se dispute. Il la regarde en silence. C’est elle qui parle. Il y a des larmes. Deuxième fois que je vois des larmes Birmanes durant ce voyage. C’est assez beau, presque surprenant ce visage qui coule. Je suis assis à ma table et je les observe. Je les regarde avec l’impression que nous cherchons le drame, que nous désirons presque le mal que l’on se fait. Peut-être est-ce une vengeance. Un cri désespéré. On fait payer à l’autre le fait d’avoir dû un jour, quitter l’enfance.

Je ne sais pas. L’économie s’effondre, l’on voit partout des téléphones intelligents dans les mains des gens, même dans celles des moines, mais rien ne change vraiment. Je quitte lentement Yangoon. Je suis dans une fusée en direction d’une étoile lointaine. Mer noire, sans limite, pesanteur zéro.

Départ prochain

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Aujourd’hui, il pleut sur Yangoon. Je me réveille ce matin avec des piqûres de puces sur le bras. Encore. Faut que je fasse une lessive. Mes vêtements sont usés. On dirait des vêtements de poussières. J’ai fais le plein de sommeil. Je me sens bien. Je lis le journal le monde. Voici le titre d’un article que j’ai devant les yeux : les joueurs de cartes trahis par leur regard. J’apprends que Bud Spencer est mort. J’apprends aussi qu’il y a eu 35 morts au Yémen. Tu ne sais plus ou poser les yeux. La mort s’invite à chaque page. Je tombe sur cette vieille femme dans la rue qui vend des chiens en plastiques. Ils font du bruit quand tu presses sur leur ventre. Elle vend aussi des branches d’aloes. Poétique de l’inconscient des marchands de la rue. Image Dada que tu trouves partout à Yangoon.

Très heureux de partir vers les Philippines. Et plus précisément vers l’ile de Siquijor. Et plus tard, sûrement vers l’île d’Apo qui n’est pas très loin, pour nager en compagnie des tortues. Escale d’une semaine en Malaisie et j’y suis. Départ Samedi.

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La cour des miracles

Quel plaisir de ne plus écrire, de ne plus prendre de photos. De se laisser aller à ne rien faire. La vie suit son cours. Le football, la mort de Merce Cunningham, l’Europe qui se désagrège comme un château de sable. Je dors. Incroyable comme je peux dormir depuis quelques jours. Sans l’ombre d’une peur d’être dans une aussi petite chambre. Je suis maintenant dans la chambre 407. J’ai changé. L’autre chambre puait la moisissure. Dans celle ci, la 407, je n’ai même plus de douche, ni de toilette. Je n’ai qu’un lit, un peu de lumières et des prises électriques. Le bonheur. La suite est de se laisser aller sans force, jusqu’au Philippines. Dire au revoir au Myanmar, passer quelques jours en Malaisie. Vivre la saveur de l’amour dans un jus de mangue et dans une assiette de coconut chicken. Parfois dans un sourire. Laisser les journées se défaire les unes après les autres. Partout, c’est les mêmes nouvelles. Crises économiques, effondrement du politique, réchauffement climatique. Je préfère être ici, à la cour des miracles. Car au moins, je le constate chaque jour, le miracle est encore possible.

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Pieds nus sur les fleurs

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Je suis dans le bus. Engin épique. Couverture hello Kitty à disposition de chacun. Air conditionné à fond. Ambiance déglinguée. Siège 37. Lente traversée de la nuit. Je quitte Inle sur la vision hallucinée  d’une cérémonie ou  des dizaines et des dizaines d’enfants pourpres marchent pieds nus sur un tapis de fleurs. Offrandes, ferveurs, recueillements. Heureux de quitter le lac de cette façon. Aujourd’hui je suis à Yangon. Chaleur et humidité. Climat tropical. Chambre minuscule. Internet inexistant. Tout va bien. J’ai décidé à partir d’aujourd’hui de passer doucement du mode voyage au mode vacances. Je vais peut être aller à Bago avant de quitter la Myanmar mais pas plus. Et je vais profiter de Georges Town en Malaisie pour bien manger. Peut être moins écrire ici, moins prendre de photos, moins donner de nouvelles. Disparaître un peu si j’y arrive. Ce n’est pas la première fois que j’écris ce genre de choses. On verra bien qu’elle couleur prendra la suite du voyage. Besoin d’absorber les découvertes de ces dernières semaines. Moins sortir de la carte. Absorber la frénésie du temps passé. Manger un fudge au chocolat. Penser  vacances.

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