Notes

Je m’apprête à quitter Georges Town. Le taxi m’amène à l’aéroport de Penang. Toujours une légère palpitation d’avoir à refaire mon sac, d’avoir une nouvelle fois à le porter sur mon dos. Toujours une légère palpitation d’avoir à quitter une énième chambre d’hotel. D’avoir à repartir sur la route. d’avoir à quitter une énième ville. D’avoir à quitter un pays pour un autre.

Cette nuit je dors à l’aéroport de Manille. Mon avion arrive à 1h du matin. Celui pour Dumaguete partant en début d’après midi, j’ai décidé de ne pas prendre d’hôtel et de dormir sur place.

Sur la route qui m’amène à l’aéroport j’aperçois un immense bâtiment avec l’inscription follow me. Le taxi suit sa course. Je me dis qu’un jour je reviendrai en Malaisie pour découvrir le pays pour de vrai. Hier, dans le quartier populaire, j’ai vu ce que pouvait être la vraie respiration Malaisienne. Un autre monde.

Presse agrume

On est tous en mouvement, on ne revient jamais en arrière. On voyage tous autour du soleil à près de trente kilomètres par seconde. Nous sommes en mouvement et on ne revient nulle part. Et si le monde explose, chaque petit morceau deviendra quelque chose d’autre. Michael Cimino

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Carnet du 3 juillet.

Maison chinoise que j’adore. Hier c’était un carré. Celle ci est un immense rectangle. Deux grands trous de lumières. Plantes exotiques. Murs décrépis. Céramique au sol. Plusieurs niveaux. Hauteur impressionnante. Grand ventilateur. Maison à vivre. Maison ouverte. Vivante. Maison d’avant l’architecture moderne. D’avant le design de Philippe Stark. De son presse agrume. De sa chaise Eros. Maison monde. Je suis dans un ventre chaud. Une forêt tropicale. Le vent s’engouffre par la porte principale. Ma peau suinte. L’appel à la prière retentit.

Demain ou après demain, je m’envole pour Manille. À chaque fois que j’ai une déclaration à faire en entrant ou en sortant d’un pays je dois remplir une fiche. Prénom, Nicolas. Nom, Cantin. Deuxième prénom, celui du père, Daniel. Poste frontière. Fil invisible. 

J’apprends que Michael Cimino est mort. The deer Hunter. Choc ultime. Robert De Niro, Christopher Walken, Merryl Streep, John Cazale, John Savage.

Je relis cette phrase, tiré d’une interview de Cimino à propos de sa difficulté à écrire un de ses scénarios. Et Gore vidal de me dire, Michael, ne lutte pas. Ne te retrouve pas coincé dans ton histoire. Va directement à la fin. Si tu as un problème, ignore-le. Ecris la fin. Pendant ce temps, le problème aura disparu.  Le genre de phrase que je prends pour moi et que je souligne trois fois, avec, en rouge, le dessin d’une tête de mort pour ne pas l’oublier.  Et cet autre. Ce que l’on aime dans la vie, ce sont les choses vouées à disparaître. The heaven Gate, 1980. 

Carnet du 4 juillet.

Le bruit à mourir de l’air conditionné. Erection matinale. Brosse à dent, dentifrice. Prendre sa douche à côté d’un urinoir n’est pas une bonne idée. Je mange dans un restaurant sur love lane. Ici les voyageuses sont belles. Rue des fantasmes. Libido en pente ascendante. La télé en sourdine. CNN. 126 morts dans deux attaques à la bombe. En gros titre, Eyeswithness describe scene after Bagdad attack. A Dacca dimanche, vingt morts, dont 18 étrangers. TV news, le cri muet de la terreur.

3 jours, 4 nuits

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3 jours, 4 nuits à Georges Town. Je loge à la Muntri house. Immense maison chinoise sur deux niveaux. Puits de lumière, plafond haut, fontaine qui coule. J’ai pris une petite chambre avec salle de bain et toilette commune. Ici, il fait plus chaud qu’au Myanmar. Et encore plus humide. Beaucoup de touristes. Georges Town est une sorte de Montréal Asiatique. Etrange sensation d’être ici, j’ai presque le réflexe de parler en Français. Comme si j’étais à la maison. L’Ethiopie se trouve maintenant à l’autre bout du spectre. Mais finalement pas très loin dans ma tête. C’est toute la magie de cette aventure folle. Magic trip. En complète adoration.

Note que je n’aime pas prendre ma douche, ni chier dans des salles de bains communes.

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Voie lactée 

Quitter le Myanmar. Expérience magnifique. Rester trois jours à Georges Town en Malaisie. Puis filer vers les Philippines, à Manille. De Manille, prendre un avion pour Dumaguete et de la, un ferry vers l’île de Siquijor. C’est le programme des prochains jours. Je vais rester un peu plus longtemps au Philippines que ce que j’avais prévu initialement. Je ferai mon extension de visa sur place. A Yangoon, j’ai la sensation d’avoir été à quai pendant quelques jours. Et c’était parfait. Le temps d’organiser la suite du voyage et de doucement préparer ma rentrée Montréalaise. Il y a de beaux projets sur le feu. Automne occupé. Note à moi même : faut que je fasse attention à mon budget dans les prochaines semaines. J’ai eu par moment la main un peu légère en choisissant certains hôtels. Bientôt la onzième semaine du voyage. Le temps file de plus en plus vite. Je regarde mon calendrier imaginaire. Celui que je tiens depuis longtemps et qui court jusqu’en 2019. Je repense à ce voyage. Et je travaille dans ma tête à me lancer dans une aventure plus longue prochainement. C’est sur la table. Le besoin de sentir sur une traversée plus grande, l’expérience de l’espace et du temps. Dernière bière à Yangoon. Est ce que j’hallucine ou les piqûres de puces que j’ai sur le bras forment une voie lactée ?

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