D’un pays à l’autre

IMG_2690

5h00. Il est impossible de rester sans amour aucun, même s’il n’y a plus que les mots, ça se vit toujours. La pire chose c’est de ne pas aimer, je crois que ça n’existe pas. Duras. J’aime la chaleur de l’été. Ce qu’il fait à la peau. Il l’ouvre. Ce voyage me travaille comme une vis en métal qui rentre doucement dans le bois. Le coeur n’est pas en danger, au contraire. A l’intérieur tu devrais voir, c’est l’océan pacifique. J’ai envie de revoir ma famille, ça fait longtemps maintenant. Cet automne. En France. Tous ensemble. J’aimerais aussi pouvoir revivre (ou plus exactement survoler) certaines années de ma vie comme on feuillette un album souvenir.

Au chapitre du voyage proprement dit, j’ai mis une croix sur mon projet d’aller voir la rivière Bagmati. J’aurais pu profiter de mon escale à Dacca pour y passer quelques jours. Mais j’ai décidé autrement.

19h. Direction Yangon. Arrivé à l’aéroport de Dacca. Par le hublot, j’aperçois des dizaines et des dizaines de colis de marchandises sur le tarmac qui semblent éventré. J’ai une connexion pour Yangon avec Bangladesh airlines. Dans l’aéroport, je me perds car j’attends au mauvais endroit. Au guichet de l’immigration on me donne des informations contradictoires. Cet aéroport est le plus délabré que je connaisse. Et étrangement il y a quelque chose d’attirant la dedans. L’appel à la prière retentit dans l’aéroport. Première fois que je suis témoin d’une telle chose dans un hall d’aeroport. Hallucinante impression que ce chant puissant qui envahit le lieu et qui dure. Mon avion part dans dix minutes. Je commence à me dire que je vais rater ma correspondance. On me renvoie à droite et à gauche. Panique. Je passe devant la porte d’embarquement pour Karachi (Pakistan) – file d’attente somptueuse – que des femmes. l’incroyable couleur de leurs saris dans les couloirs gris noir de l’aéroport de Dacca est hallucinante. Comme dans un rêve. L’impression inoubliable de cette image d’une beauté ancienne, valait à elle seule la folie de cette escale.

20h. Arrivé à Yangon. Je me dis que l’Inde est un pays immense. Que c’est à chaque fois une expérience qui dépasse toutes les expériences. Puissante au delà de toutes mesures.

IMG_2484

Le sang des bêtes

Sur le chemin du retour à mon hôtel, je tombe par hasard, sur une puja au bord de la route. Sacrifice de trois chèvres. Son du tambour. Tintement des cloches. Sang des bêtes que l’on dépose sur son front. Vie et mort à chaque seconde. India. 

IMG_3167

Lire la suite

Epilogue

IMG_3174

IMG_3175

Times of India aujourd’hui, Mohamed Ali est mort. Pincement au coeur. Il est 19h. Je suis assis dans la rue alors que la nuit tombe. Je mange mon egg chicken roll (40 roupies) et mon sprite (12 roupies) Triste de quitter l’Inde. Heureux de quitter l’Inde. Explique moi pourquoi c’est si facile et en même temps si difficile de partir. Je pense à Montréal. Léger manque. Occidentale abstraction. Heureux de glisser vers la suite du voyage. Bientôt l’Asie du Sud Est. Odyssée sans limite. Depuis un moment je me vois déjà au Philippines au bord de l’eau. Fini la terre. Rien que de l’eau a perte de vue ou je pourrais tutoyer le corail. Bercé par la houle. Calme blanc. En amour avec l’Inde et ses contradictions. Aujourd’hui, journée extraordinaire. Quand je dors suffisamment et que je mange bien, les portes s’ouvrent de nouveau. Tout redevient facile. Ce matin, je marche sous le pluie. Devenant forte je m’abrite quelque part dans une sorte de no man’s land. Moment magique comme j’adore. Marche incertaine. Rencontre improbable. Je n’ai pas peur de me perdre. L’Inde est un puit sans fond. Infini.  Et c’est merveilleux car plus le trou est profond, plus la matière monte.

Lire la suite

No more posts.