Katmhya

Marre d’avaler la même chose chaque jour. Difficile de trouver quelque chose à manger. Coca Cola dans le gosier. Le sucre fait office de plâtre. Il y a une souris dans ma chambre. Pour le reste, c’est le vide. Pas de draps. Salle de bain défoncée. Electricité qui coupe régulièrement. La saleté semble faire son nid dans chacun de mes orifices. Rien ne semble fonctionner ici. Je me pose la question du progrès. Gangrène. Gangrène.

Je suis perdu dans un no man’s land. Il y a cette femme qui me regarde et qui me lance avec un grand sourire : hello, white man. Pas d’internet dans l’hôtel et dans la plupart des hôtels ici. Je me sens couper du reste du monde. Faut que je lave mes vêtements, que je coupe mes cheveux, ma barbe. Quand je prends le minibus en direction de Katmhya, le silence reprend sa place, le soleil brûle. Carcasse de boeufs sur le bord de la route. J’ai la peau sèche comme du papier en carton.

L’odeur de l’essence. L’odeur du charbon. Aujourd’hui, j’ai vu un homme écrire des versets du Coran sur une petite feuille de papier. Il a plongé une pointe de bambou dans de l’encre noir. Il a déposé la feuille dans un récipient en métal. Il a versé de l’eau dedans et il a bu le contenu.