Solarium

Se trouver un endroit. On peut penser à une île. Un endroit ou la peau attend sa caresse. Tenir quelqu’un dans ses bras. Arrêter le massacre. Dans mes rêves je descends une parois escarpée qui me sépare du vide et tout se passe bien.

Mettre les compteurs à Off. Allonger les kilomètres sans réfléchir. Se reposer de l’angoisse. Aujourd’hui, Nous sommes le 25 décembre. Merry christmas from Egypt. Tu n’entends pas, mais la télévision joue à plein volume. L’arabe sature dans les enceintes. Dans ma chambre, les ampoules électriques arrosent mon corps d’une lumière noire. Ne me demande pas pourquoi mais j’ai envie de faire l’amour.

img_8649img_8650

L’image me revient d’une femme en robe de mariée au contrôle des douanes.

J’arpente les rues. J’observe l’ombre d’un homme à travers les barreaux d’une cellule qui parle en arabe à quelqu’un derrière les remparts. Je prends un taxi. Je me perds dans la ville. Baisse de pression. Sensation de flottement. Il m’arrive à Montréal, de perdre la carte au point de ne plus savoir comment me comporter en société. Perte des codes. Vague limite. J’aimerais parfois être sans nom, sans prénom. Ne pas peser sur le monde.

Un épais brouillard de pollution s’étend sur le Caire. Des centaines d’antennes satellites couvrent le toit des immeubles. Jour de prière. Les rues sont presque désertes. Un mauvais film Egyptien joue à la télévision. Je regarde le ballet sans fin des avions.