Nouveau monde

A Varanasi, comme partout en Inde, il y a une forme d’acidité ambiante. Cette acidité foudroie. 

Est-ce qu’il faut que je rappelle que ce journal ne dit pas toute la vérité ? Que de toute façon, nous sommes dans les grandes lignes qu’un tissu de mensonge. Que ne subsiste en nous qu’un faible pourcentage de vérité pour nous montrer la route à suivre quand nous marchons dans le noir. Qu’écrire n’est pas facile. Que tenir son journal chaque jour comme dirait Sylvain Tesson, s’apparente à une forme d’Harakiri.

Les deux extrêmes du pôle. J’ai le flash d’un road trip d’été avec A en Californie. Nous avions longés, pendant plusieurs semaines l’océan pacifique, de l’Ile de Vancouver à Bigsur. C’était il y a longtemps. J’ai le souvenir d’une passion amoureuse qui m’avait rendu malade. Malade à m’en rendre fou. Ma faute, complètement. Je garde de ce voyage, imprimer dans mes cellules, le souvenir incroyable de la beauté de l’Amérique. De son immensité. Il y a des histoires qui changent le cours de votre vie. En voici une. La nature est une main ouverte, qui ou que tu regardes, n’a pas d’avis sur toi. Dans ce paysage gigantesque, ta petite histoire n’a pas beaucoup d’importance. Séquoia géant, grand frère.

Ne plus courir après l’évènement. Ne plus chercher à accumuler les expériences. S’arrêter. Se vider de son inquiétude. Se vider de sa peur. Se vider de son venin. Il n’y a plus rien à craindre. Plus personne qui nous menace. Nous pouvons commencer à nous entourer des gens que nous aimons. Nous pouvons regarder les choses bouger autour de nous sans qu’aucune envie de participer au mouvement du monde ne naisse en nous. Nous sommes allé très loin et il faut bien avouer que nous revenons les mains vides. Nous n’avons rien trouvé. 

J’ai le souvenir d’une plage au Philippines ou j’allais souvent me baigner. Il n’y avait jamais personne à cet endroit, sinon, peut-être, quelques pêcheurs. Après avoir fait la planche, j’allais manger du poisson pas très loin de la plage. C’était sur l’Ile de Siquijor. Lorsque je ferme les yeux (Promesse d’un nouveau monde) j’y suis encore.

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PS : Il y a énormément d’atelier de tissages dans le quartier Musulman. Varanasi est reconnu pour la qualité de ses Saris et de ses broderies. Les machines partout dans les rues font un bruit de criquet.