Du sucre dans la bouche 

J’imagine qu’il y aura d’autres occasions de prendre le train. Mardi 13 juin, je me réveille avec une sensation étrange. Comme si le rêve que j’ai fais cette nuit ne voulait plus me quitter. Je vais déjeuner, le rêve est encore là. Un rêve collant. Pourtant je ne me souviens de presque rien. Je sais que j’étais invité à une fête et qu’on m’offrait une table. Pourquoi une table ? On me demandait aussi de danser. Je ne me souviens plus des gens. J’imagine qu’ils font partie de mon cercle intime, mais je n’ai ni la mémoire des noms, ni celui des visages. Je n’ai qu’un parfum tenace qui enveloppe mon corps.

42 degrés. Soleil blanc. Je me sens bien. Dans un autre espace temps. Sentiment de flotter. Décantation lente. Mon coeur se dépose. Est-ce que tu entends cette voix qui te dit : tu peux pleurer si tu veux ? 

Ce matin, je me suis promené dans le quartier Musulman. A chaque fois que l’on me conseillait de ne pas aller plus loin dans une rue, je continuais. Et c’était toujours la surprise. On me faisait entrer dans les maisons. On m’offrait du Coca Cola. Femmes et enfants surgissaient des fenêtres. Il y a dans Capitale de la douleur de Paul Eluard, ce poème : Sur le ciel délabré, sur ces vitres d’eau douce, quel visage viendra, coquillage sonore, annoncer que la nuit de l’amour touche au jour, bouche ouverte liée à la bouche fermée. Et plus loin : Il fallait bien qu’un visage réponde à tout les noms du monde. Ce poème et bien d’autres, je le vois chaque jour dans les yeux des gens.

Finalement je n’irais pas à Bodhgaya. Le Bouddha attendra. Je m’en vais directement à la Ambabuchi Mela. Pas de raisons particulières de ne plus aller à Bodhgaya. Je m’écoute. Envie de prendre mon temps. Légère faiblesse depuis 2 ou 3 jours. Colon irritable. Besoin de reprendre des forces et de ne pas m’épuiser sur la route.

img_6045