Voyage Fiction

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Voyage fiction. Je ne veux rien d’autre qu’être ici. Pas d’hématome. Mal nulle part. Pas de douleur. Pas de regret. La nuit tombe. J’ai l’image de moi adolescent, assis sur le canapé du salon familial. Corps poulpe. Mer profonde. Nuage d’encre. Terreur tentacules. Ici, en Inde, c’est autre chose. Une autre histoire, un autre monde.

J’avais oublié l’odeur de la cendre à Varanasi. Fascinant comme l’odeur de la mort se mêle à celle du bois brûlé. Ce qui me fait penser à mon père. On dirait, parfois, que sa disparition a quelque chose de magique. Qu’elle m’aide. Qu’elle m’invite à remonter le cours du fleuve. Je me dis qu’il faut bien un jour, trouver dans l’oeil des choses, ce qui ne meurt pas. Apprendre un peu de la mort. Desfois, j’ai peur d’attraper sa maladie. D’être malade à mon tour. Superstition. C’est toujours quand je suis heureux, que la peur m’envahit.

A Varanasi, c’est la nuit noire. La chaleur est éprouvante. Humidité. Visage lèpre. Délabrement des corps. Dans les rues défoncées, je traîne ma carcasse. Je me sens bien. Sourire grandeur nature. Pulsation d’été sur ma peau. Depuis quelques jours l’envie de vivre une relation secrète comme à l’époque de mon appartement sur Clark, m’envahit. J’ai envie de me remettre à l’école de la chair. De faire de moi un petit abécédaire de l’amour.