Revenir à Varanasi

Les murs ont parlés. Mes voisins se sont donnés l’un à l’autre une bonne partie de la nuit. Hotel amour. Scie électrique. Symphonie du râle. La chaleur est suffocante. Assis sur le lit, je m’apprête à me laver. Bassine d’eau froide. Ventre mou. Position accroupi, sexe pantelant. L’eau que je verse sur mon ventre s’éparpille sur le carrelage de la salle de bain. Il est 8 am. Autour de moi, je ne vois aucune césure entre rêve et réalité. J’ouvre les yeux lentement. Le monde est dans ma chambre. Je n’ai pas d’armure.

Dire que l’Inde est difficile est un pléonasme. L’on peut passer de la grâce à la dureté la plus noire en un claquement de doigt. J’ai encore l’image de ce chien aveugle qui, hier se trainait dans la boue. Ses jambes arrières semblaient brisées. Personne pour l’aider. Indifférence totale. La chaleur est accablante. Suffocante. Transpiration lourde. Corps courbé. Soleil trop proche.
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