Troisième jour à Apo

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Je prends peu à peu le couleur de l’île. Mon corps brûle. Ta langue sur ma peau aurait le goût du sel. Heureusement, le vent me sauve, il rend la chaleur supportable. Le soir à 22h, l’électricité coupe. Noir. Seul le bruit de la nature domine. Sensation incroyable d’être plongé dans la nuit des temps. Aujourd’hui, j’ai vu quatre tortues. Magnifique dinosaure des mers. Fossile vivant. J’ai pris l’habitude d’aller nager à 8 heures du matin quand il n’y a encore personne sur la plage. Et c’est un sentiment indescriptible. Une leçon de liberté.
Ce  matin, j’ai été invité à prendre le café dans la maison de Bobby. On regarde avec sa mère les albums photos de sa famille. L’humidité a fait disparaitre beaucoup d’images. Tu ne vois que des tâches multicolores. 

Aujourd’hui, j’ai croisé plusieurs militaires lourdement armé. Étrange impression de les voir dans une île aussi petite qu’Apo. C’est paraît t’il pour assurer la protection des gens. Apo n’étant pas très loin de Mindanao ou sévit plusieurs groupes terroristes, dont celui d’Abu Sayaf.

Les gens en majorité aiment et soutiennent Rodrigo Duterte, le nouveau président Philippin. Sa volonté de nettoyer le pays des trafiquants de drogues est largement soutenu ici et l’on aime blaguer sur l’ogre. Pourtant les déclarations de Duterte font froid dans le dos. Lorsqu’il était maire de Davao, on le soupçonne d’avoir crée des escadrons de la mort. Il veut rétablir la peine de mort dans le pays.

Vie de village. Complètement. La liberté des enfants ici est stupéfiante. Hier j’allais nager au large et des enfants de huit à douze ans m’ont suivis. Aucune présence des parents alentours. Responsable d’eux mêmes. Une forme d’autonomie suivant les lignes de la vie qui laisse sans voix. 
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