Météorite

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Hier, tu croises une femme avec son bébé. Tu t’arrêtes pour parler un peu. Et même si un grand sourire illumine son visage, c’est un roman noir que tu as devant les yeux. Qu’est-ce que tu fais ? Tu continues ta route ou tu fais quelque chose.
 
Un monde de contradiction. Le système du balancier : un coup de poing dans le plexus solaire, une caresse sur la peau. Hier soir, j’ai regardé un film de Kung Fu de 1989 réalisé à Honk Kong par Yuen Woo Ping, In the line of duty 4. Le meilleur cinema du monde. Maintenant il faut que je dévore les trois premiers films de la série.

Chaque jour, l’air de l’océan me vide et j’en redemande. C’est un bonheur de laisser mon corps flotter sur le corail. Je suis un morceau de bois sans gravité.

San Juan, symphonie de la volaille. Si tu n’entends pas le chant des coqs au Philippines, c’est que tu n’es pas au Philippines. Aujourd’hui, onze heures du matin, je mange une brochette de poulet. Sur le comptoir du bar, une fourmi s’éloigne avec un grain de riz, tombé de mon assiette. Le grain de riz fait facilement trois fois la grandeur de son corps. Pas si loin des porteurs de charges que j’ai vu à Mumbai.

C’est l’heure. Je retourne voir Evangeline Rose et sa famille parce que la beauté des gens est politique. Je prends la rue transversale. Je m’enfonce dans la colline. Je croise des gens que je ne connais pas et c’est des Hello Nicolas, des Hello Nicole. Le mot se passe. Encore une journée extraordinaire. Comme à la maison. 3 heures à boire des sodas et de la bière. Bouteilles que nous allons chercher en bande au comptoir. J’offre un de mes lances pierres (que j’ai trouvé au Myanmar) à Brian Ramiso. Il est heureux, moi aussi. C’est un dieu pour faire exploser les canettes. Le temps passe. Je fais la connaissance de plusieurs autres grands mères de Evangeline Rose. Lola, c’est le nom qu’on leur donne au Philippines. Grand respect pour les Lola.  Je n’ai pas réussi à revoir ma Lola des premiers jours. J’ai essayé, mais je ne l’ai pas trouvé.  Je dis au revoir à tout le monde. Je laisse Robert Benedict, Brian Ramiso, Evangeline Rose et les autres. Petite tristesse de quitter ce nouveau morceau d’amitié, mais il faut partir. Je regarde les photos, c’est presque celles d’une famille en vacances.

En m’en allant, je passe devant un karaoké. Je me sens comme dans le générique de fin d’un film. La musique embrasse les Philippines toute entière. Je suis un météorite. Une boule de feu.  Direction l’océan pour faire la planche.
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Partie 1 et Partie 2