Pesanteur zero

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Il y a Montréal. Je sais qu’il y a Montréal quelque part dans ma tête. Montréal qui ne change pas à en croire Facebook. Et c’est bien. Au moins une chose fixe et rassurante sur lequel se reposer en rentrant. J’espère que mes plantes seront encore vivantes. Pas de problème pour les cactus, mais pour les autres ?

Dans le café où je me trouve, un couple se dispute. Il la regarde en silence. C’est elle qui parle. Il y a des larmes. Deuxième fois que je vois des larmes Birmanes durant ce voyage. C’est assez beau, presque surprenant ce visage qui coule. Je suis assis à ma table et je les observe. Je les regarde avec l’impression que nous cherchons le drame, que nous désirons presque le mal que l’on se fait. Peut-être est-ce une vengeance. Un cri désespéré. On fait payer à l’autre le fait d’avoir dû un jour, quitter l’enfance.

Je ne sais pas. L’économie mondiale s’effondre, l’on voit partout des téléphones intelligents dans les mains des gens, même dans celles des moines, mais rien ne change vraiment.

Dans quelques jours, je quitte Yangoon. Je suis dans une fusée en direction d’une étoile lointaine. Mer noire, sans limite, pesanteur zéro.