La cour des miracles

La vie suit son cours. Le football, la mort de Merce Cunningham, l’Europe qui se désagrège comme un château de sable. Je dors. Incroyable comme je peux dormir depuis quelques jours. Sans l’ombre d’une angoisse d’être dans une aussi petite chambre. Je suis maintenant dans la chambre 407. J’ai changé. L’autre chambre puait la moisissure. Dans celle ci, la 407, je n’ai douche, ni toilette. Je n’ai qu’un lit, un peu de lumières et des prises électriques. Le bonheur. La suite est de se laisser aller sans force, jusqu’au Philippines. Dire au revoir au Myanmar, passer quelques jours en Malaisie. Vivre la saveur de l’amour dans un jus de mangue et dans une assiette de coconut chicken. Parfois dans un sourire. Laisser les journées se défaire les unes après les autres. Partout, c’est les mêmes nouvelles. Crises économiques, effondrement du politique, réchauffement climatique. Je préfère être ici, à la cour des miracles. Car au moins, je le constate chaque jour, le miracle est encore possible.

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