Win together 

Bach, choral pour orgue BWV 616, Siméon, bagan, Myanmar. Aujourd’hui je suis monté dans une barque pour aller pêcher sur la rivière Irraddawy. J’ai les bras brûlés par le soleil. Mais ce n’est rien à côté de ce que j’ai pu vivre. Hier, les deux frères sur la photo, m’avaient invité à pêcher avec eux. J’avais dit oui. Puis en retournant à mon hôtel, j’avais hésité. Et ce matin j’ai décidé d’y aller. Sur le chemin, je me demandais si j’avais bien compris, si c’était bien de pêche qu’il s’agissait, vu que toute la discussion avait été en Birman et par l’intermédiaire de signe. J’avais bien compris. Et l’expérience, encore une fois fut fabuleuse.

Nous sommes partis à 9h du matin pour une longue boucle qui nous a fait revenir à 13h30. J’ai payé l’essence pour le moteur. Deux bouteilles. 2000 Kyats. C’est à dire deux dollars. Il n’a pas été question d’argent pour le reste. Et j’ai trouvé beau que cette invitation à aller sur la rivière, ne soit pas tributaire d’une relation à l’argent. Ce fut une aventure extraordinaire. Incroyable de longer les berges et de voir la vie qui bat son plein. De reconnaitre au loin, les pagodes entre les branches des arbres. Incroyable d’observer la technique des deux frères pour poser les filets. Leur façon de rabattre le poisson. Incroyable ce silence de 4h30 avec deux personnes que je connais à peine. Incroyable cet arrêt sur une ile pour y ramasser des courges au milieu des roseaux sauvages. Incroyable les tirs au lance pierre depuis la barque pour attraper les oiseaux. Incroyable la dégustation du melon et de la courge sur la barque. Incroyable la couleur du ciel. La couleur orange de la rivière. La barque en bois. La beauté des visages. La beauté des gestes. Parfois les deux frères se moquaient un peu de moi, mais par dessus tout, ils veillaient à ce que je sois bien. J’etais l’invité. A tel point, qu’au retour, je suis allé manger les poissons pris dans le filet. Et comme la vieille, ce fut fantastique.

C’est drôle car aujourd’hui, je déjeunais et sur le tee shirt de la personne, assise en face de moi, était écrit en gros caractères win together. Et je l’avais répété plusieurs fois dans ma tête comme un mantra en buvant mon thé. Win together. Win together. Win together.