Le collier de fleurs

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Me revient l’image de cet homme qui peint un bâtiment en bleu. Lorsqu’il me voit, il s’arrête. Vient me voir. Sa main gauche est bleue comme le mur qu’il peint. Entre ses doigts une cigarette. Il me sourit. Je trouve qu’il y a dans sa main pleine de peintures quelque chose d’étrange et de magnifique. Je vois bien qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans cet homme, mais cette main sans qu’il le sache est  un poème et je sais qu’il n’y rien à craindre. Juste être là. Un autre ouvrier, bientôt, le rejoint et s’excuse auprès de moi : don’t worry, his mind is lost. He is a crazy man. 

A Kolkata, je me sens bien. Dans cette ville circule, à ma grande surprise un grand climat de douceur. En allant au marché aux fleurs ce matin à Malikghat, je croise un indien surpris de me voir là et qui me demande : do you have a bodyguard ? et un autre plus loin, be careful, you are a foreigner. Je ris parce que c’est tous le contraire que je ressens. Sous le pont d’Howry, c’est un magnifique chaos de couleurs  ou s’agitent des dizaines de personnes. On m’offre des fleurs, on m’invite à m’asseoir, on m’offre du chai.  J’adore être là au milieu de cette fourmilière ou s’achète et se vend chaque jour sans discontinuer des milliers de fleurs. Pour les temples, les mariages, les cérémonies. Le spectacle est sublime.

Pour me rendre au marché, j’ai pris un taxi qui ne parlait que Bengali. Un enfer pour lui faire comprendre ma destination. Nous nous arrêtons plusieurs fois pour trouver quelqu’un qui parle Anglais. Nous tournons en rond. Je m’énerve un peu. Le chauffeur de taxi est de bonne foi, c’est simplement qu’il ne parle que Bengali et qu’il ne comprend pas un mot de ce que j’essaie de lui dire. En plus la circulation est folle. Bientôt une heure que je suis dans ce taxi. J’enrage. Finalement nous trouvons le marché. Et le taxi  naturellement veut plus que la somme prévu. Sans broncher je lui donne. Je ne vais pas faire d’histoires pour quelques roupies de plus et même si j’ai enragé, traverser Calcutta est toujours une expérience incroyable.

En après midi, en revenant à mon hôtel, je tombe sur un homme qui est entrain d’installer un panier en papyrus sur le sol qu’il essaie de maintenir avec un bout de bois. Quand il a fini, je le vois aller s’asseoir quelques mètres plus loin, tenant dans sa main une ficelle, relié au bâton. Il m’explique en Bengali, que c’est un piège à corbeau. A crow, It’s for a crow ! Je ne cherche pas à en savoir plus. La poésie inonde l’Inde. J’adore Calcutta.

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