Grande chaleur

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Il faut que je récupère. Légère fatigue que la chaleur et la démesure indienne accentue. Comment avais-je pu oublier combien l’Inde est une machine à broyer qui te retourne sans sommation ? J’ai pris un hôtel de qualité supérieure pour me donner une chance de reprendre des forces. Et j’ai mon billet d’avion pour Kolkata en main. L’avion est la meilleure option. Ca aurait pris plusieurs jours en train ou en bus. Je pars le 26. Depuis le début, mon rêve est d’aller à Kolkata, en échos à Marguerite Duras. Après je verrais. Je sais déjà que je n’irai pas au Bangladesh comme j’avais pensé. Ce sera pour une autre fois. J’irai directement en Birmanie.

 Ce qui me gêne en Inde et qui me gênait aussi la dernière fois, c’est l’omniprésence des hommes. Des hommes partout. Ou que tu regardes des hommes. Et cette présence est comme une pression sourde qui agit sur le système nerveux.
A peine arrivé, je trainais dans la rue et un type qui marchait à ma hauteur m’adresse la parole à voix basse : you are sexy. Je réponds : what ?  Il me réplique dans le même ton : you are sexy et me fait des avances avant de disparaitre dans une autre rue.
Quand j’ai pris l’avion pour Mumbai, j’étais assis à côté de Hodan (c’est son prénom) qui habite à Djibouti. Elle accompagnait sa mère voir un spécialiste Indien pour un diagnostic des yeux. Sa mère est presque aveugle. La douceur d’Hodan, la délicatesse avec laquelle elle me montrait les photos de son enfant, sa façon de me parler de son mari, sa manière toute en douceur de me parler Francais, de parler Somalien à sa mère, avait quelque chose de touchant. J’avais l’impression de la connaitre depuis toujours. Et puis je débarque en Inde et c’est la machine à broyer les os. Je dis ça, mais je survis. Chaque jour l’expérience se retourne sur elle même et me montre un nouveau visage. Palier de décompression. Plongée sous marine. Et cette chaleur, ah cette chaleur !

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