Bye bye Ethiopia

J’imagine que de votre côté c’est l’installation dans la nouvelle maison. Hâte de venir vous voir cet automne. J’espère que la santé de papa va bien. Je t’embrasse. N.
Oui en effet, on s’installent. On se sent bien dans cette maison au bord de l’océan. Hâte de te la montrer. Pour papa les traitements suivent leur cours, chimio et bientôt radiothérapie en plus. Je t’embrasse. Je pense souvent à toi et papa me dit que chacun, vous faites un voyage, certes différent, mais vous le vivez au plus profond de vous même. D.
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Plus difficile de se frayer un chemin à Addis Abeba. La ville est lourde. Beaucoup d’enfants couchés dans la rue. Ce matin, je me promène et je suis approché par 3 pickpockets. Ils me suivent sur plusieurs mètres, essayent d’entrer en contact physique. Je change de rue, ils me suivent encore. Voyant que j’accélère le pas, ils finissent par me laisser aller. See you tomorow me lance l’un d’eux avec un grand sourire. Avec les pickpockets, j’ai la même sensation que lorsque je me baignais sur  la côte Caraïbes, au Costa Rica. Tu nages sans te soucier du danger et d’un coup un courant essaye de t’amener au large. Constant retour au réel.  

J’écris de l’hôtel en attendant mes spaghettis à la tomate. Je bois my Ambo water. Un vieux lustre qui me fait penser à une méduse éclaire à peine la pièce. Voile de pénombre, plancher de bois de 1898. Je suis à Adis Abeba.

Au Taitu hôtel si tu veux te connecter à Internet, tu dois te rendre à un guichet en bois qui ressemble à un guichet de cinéma du début du XXème siècle. A travers une fente, tu t’adresses à une jeune fille assise dans la pénombre qui te donnes un papier avec ton code contre 12 birrs. Tu as droit à 100mb. Quand tu les as épuisé, tu retournes la voir. Au début je détestais le principe, mais maintenant je l’adore. La réalité est que je bois ma deuxième bière en regardant les gens assis aux tables du restaurant. Et qu’étrangement tous me semble familier. Les visages, les corps, les conversations. Je comprends pourquoi je suis ici. C’est comme une évidence. Dans l’avion qui m’amenait à Addis Abeba, la personne à côté de moi m’a demandé la raison qui m’a fait choisir l’Ethiopie plutôt qu’un autre pays d’Afrique. J’ai répondu que je ne savais pas. Quand l’avion a atterri, les portes ne se sont pas ouvertes. Il y avait quelque chose de beau à voir la transpiration perler sur les corps. Vulnérables, pris dans ce ventre de métal, nous n’étions plus des passagers mais des peintures à l’huile. Et sans raison apparente,  je me suis senti heureux d’être là. C’est ça, sans raison aucune.