Tizazus

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Je tombe dans le journal le monde sur cette phrase de Jean Luc Lagarce : me donner et donner aux autres, une dernière fois, l’illusion d’être responsable de moi-même et d’être‚ jusqu’à cette extrémité‚ mon propre maître.

A Baher Dar, il y a un milliard de banques et un milliard d’hôtels. C’est hallucinant. Deuxième fois que je vais à la Commercial Bank pour changer de l’argent. C’est toujours une expérience d’entrer dans une banque Ethiopienne. Le gardien armé de son fusil, me reconnait et me fait passer tout sourire derrière le comptoir ou je suis accompagné à un bureau pour effectuer ma transaction.

Aujourd’hui je rencontre Tizazus Gebre Eyezus (ou Zazou Gabriel Jesus) qui cire les chaussures. C’est un étudiant. Cette année, il ne va pas à l’école  car il a été malade de la malaria. Il me propose de s’occuper de mes chaussures. A baher Dar, il y a des dizaines et des dizaines de cireurs de chaussures. Je commence à comprendre l’importance que tout le monde porte à mes blundstone.

Depuis quelques temps, c’est à mon tour d’offrir le café. A la réceptionniste de l’hôtel d’abord. Puis durant ma visite du marché, à plusieurs vendeuses de légumes. Offrir et recevoir. Je paie mon premier café. On m’offre le deuxième. Baher Dar est surprenante. Aujourd’hui, en marchant sans direction précise,  je rencontre Zekele qui m’amène dans un des villages dont regorge la ville pour manger des spaghettis. Nous rentrons dans un restaurant qui est en réalité une maison qui fait office de restaurant. Je mange mes spaghettis dans le salon, tandis que tout le monde regarde la télé. 20 birrs pour des spaghettis et un coca cola. Hier je rencontre X qui m’amène dans un café pour boire de l’alcool de miel. Je paie pour tout le monde. Je sors et quelques mètres plus loin, on m’invite à boire une bière. Hospitalité. 

Quand je suis parti de Lalibela, il fallait changer de bus pour se rendre à Baher Dar. A la gare routière, nous cherchions un minibus et c’était le chaos. La difficulté étant que le dimanche les gens se marient et qu’il est plus difficile de trouver un minibus de libre. Dans la gare, l’ambiance était légèrement électrique. Un Ethiopien qui avait partagé avec moi le même bus en partance de Lalibela me dit de le suivre, m’assurant qu’il allait nous trouver un minibus. Ce qu’il fit. Je ne sais pas comment nous avons réussi à entrer, mais au total, nous étions vingt dans le minibus. Sans me demander mon avis, il paya ma place, pendant qu’un autre m’ offrait une bouteille d’eau. Arrivé à Baher Dar, il me trouva un hôtel. La taddesa pension. Puis en compagnie de sa femme, m’invita au restaurant, avant de m’offrir une bière au bord du lac Tana. Je lui ai demandé pourquoi il était aussi généreux, il me répondit, l’air étonné : Ethiopian Hospitality !

Demain, je pars pour Adis Abeba. Destination finale avant mon vol pour Mumbai.

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