Bob Dylan et moi

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Bob Dylan en Ethiopie. Et précisément assis sur le lit de ma chambre à jouer de la guitare. Il joue one too many mornings et quelques autres de ses chansons, comme north country blues que j’adore. C’est bien qu’il soit là. Nous nous devions bien ça, parce qu’il y a  trop longtemps que nous ne nous étions pas vu et que nous méritions bien de nous retrouver. Ce soir dans ma chambre, je fais la fête avec mes fantômes. Et il y a foule. J’ai allumé un feu au milieu de ma mémoire. Et crois moi, il y a de la place pour tout le monde. L’amour flambe.

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Depuis que je suis en Ethiopie, je vois beaucoup de pères avec leur enfants. Comme ce père et sa fille, assis à côté de moi pendant 10h dans le bus reliant Dessie à Lalibela. Elle était belle la façon qu’avait cet homme de s’occuper de son enfant sur toute la durée du trajet. Au blue nile café par exemple, je vois chaque jour des pères avec leur petits, venir manger du gâteau et boire du jus de papaye.

Multiple réalité. Nous n’avons encore rien vu, encore rien entendu. Hier, j’ai parlé avec cet enfant qui marchait avec des béquilles. Il me dit qu’il a des jambes artificielles. Il vit avec sa soeur, ses parents sont morts. Il me fait signe qu’une de ces chaussures est défoncée.  Et cette petite fille qui me suit comme une ombre, avec une robe qu’elle a volé a un fantôme. Elle tient une glace dans chaque main, me sourit, me parle en amharic. Ses yeux regardent ailleurs, comme occupés à attraper quelque chose qu’elle seule semble voir. C’est une folle, me crie quelqu’un de l’autre côté de la rue.