La grande termitière

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Comment veux-tu que j’ai encore envie de faire des spectacles, quand le monde est un spectacle permanent qui te tue chaque jour pour mieux te faire renaître ?
   
– Quel est le but de ton voyage ?
– Le but, c’est justement d’accepter d’être dans un non but. Et d’y être bien.
Quand on commence à t’offrir du thé, c’est que quelque part, tu es vraiment arrivé. Aujourd’hui est donc mon arrivée officielle en Ethiopie.
L’Ethiopie sent extrêmement bon. Quand ce n’est pas les arbres (des acacias ?) c’est l’encens que tu retrouves partout, dans des petits brasiers qui ont notamment la vertu d’éloigner les moustiques. L’autre jour, j’étais assis, à même la rue, c’était la cérémonie du café.  Je savourais le parfum de la fumée. L’encens comme une main chaude sur la peau.
Demain ou après demain, je pars pour Harar. Nouvelle étape Ethiopienne. Je pourrais rester une vie à Dire Dawa. Je commence à comprendre qu’on puisse tomber en amour avec l’Afrique. Ici, c’est la grande termitière. On ne triche pas avec la réalité. Sublime. Et le sens du commun a un sens. Les gens viennent en grappe. Des grappes d’humanité, partout. C’est le village dans le village. Nous allons tous mourir, et ici, il semble qu’on l’a compris depuis longtemps. C’est ensemble que ce vit la dépendance au temps qui passe. Et c’est impressionnant à regarder. Partout dans les rues, c’est la mort joyeuse en quelque sorte.
Depuis mon arrivée, je n’ai croisé que deux touristes. Et l’un des deux, c’était moi.  
Faut que j’aille manger. Bye.