Caféthiopie

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Des fois, je me demande ce que je fais ici. Des fois, c’est l’évidence même. Tenir en équilibre entre ces deux pôles, c’est labourer la profondeur des océans.
Ici, je suis le blanc. Parfois, on me regarde avec des couteaux dans les yeux. Certains se demandent ce que je fais ici. N’en comprennent pas le but. Je sens ma présence comme une provocation. Dans l’hotel Continental ou je vais chercher l’internet, ça pue le colonialisme. Impossible d’être soi même dans cet endroit. Je préfère marcher sur le fil tendu qui me sort des autoroutes. Quitte à pencher vers l’inconnu.
Il pleut chaque jour. C’est peu de dire que ça déborde. A faire peur. Les rues deviennent des langues de boues qui défigurent le paysage. Coupure d’électricité. Inondation. Le paradoxe, c’est que ce matin l’eau ne coulait pas du robinet. J’ai dû me laver accroupi, une grande bassine d’eau se trouvant dans la salle de bain. Retour à la simplicité que j’adore.
Il y a quelque chose de concret ici. L’Afrique a le don de me ramener constamment au réel. La terre est rouge, grasse comme une chair éventrée. chaque jour, c’est la fête de la réalité.
J’ai pris mon premier café. Le café Ethiopien est incroyable. C’est la soeur de la femme qui tient la pension qui l’a préparé. C’est un spectacle de la voir prendre le temps d’allumer le feu. De faire rôtir les grains de café à la poêle. De les concasser au pilon etc.