Avant de partir : Sarabande

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Une statue qui tombe, c’est toujours du domaine de l’impensable. Jusqu’au moment ou cela arrive. On abat des arbres tout les jours. On décime des forêts entières. Et puis après. Nous sommes assis sur du mou de veau. Tout bouge constamment. C’est comme ça. Tu ne le vois pas, mais à côté de moi, il y a un livre. Un livre que j’ai acheté uniquement pour la beauté de son titre :  L’Histoire du corps. Cela parle de la représentation du corps à travers l’histoire. De la renaissance aux lumières, en passant par la grande guerre. Je sais que je ne le lirais jamais. Le titre à lui seul, me donne le vertige.

Quelque part ici, c’est la renaissance. Le printemps arrive. En reprenant les mots de Pablo Neruda, je te dirai qu’à cette seconde, j’aimerais faire avec toi, ce que le printemps fait avec les cerisiers. 

J’ai acheté un appareil photo. Un ordinateur aussi. Je suis aspiré par le grand capital. Y a des jours ou je devrais tout foutre en l’air et juste flirter. Me placer du côté du badinage. Faire l’amour, boire du vin, goûter à tout les plaisirs. C’est justement le titre d’un autre livre : Une histoire de la conquête amoureuse. Encore une histoire, qui me ressemble. Le titre de ce livre, c’est moi, assis quelque part, avec un sandwich au bacon, sur le grand chantier de l’amour. C’est le prolétariat du sentiment. C’est ma vision Marxiste du coeur humain.

Je suis vivant, comme dans un accélérateur de particules. La vie m’ouvre grand la gueule. Je pense à mon père, qui commence dans quelques jours, sa chimiothérapie. J’ai l’image de son corps. Fragile.  Malstrom de sensations brutes et contradictoires.