SOLITUDE en 35 mm

000000890016

L’histoire de ma vie n’existe pas. Ça n’existe pas. Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait quelqu’un, ce n’est pas vrai il n’y avait personne. Marguerite Duras, encore et toujours.

A Varanasi, j’ai une chambre dans une ancienne tour Mongole, qui donne directement sur le Gange. Ce que je vois est incroyable, un autre monde. Quand j’ouvre les volets, le spectacle qui s’offre à moi est du domaine du rêve éveillé.

Depuis deux jours, lorsque je me lève le matin et que je veux  quitter ma chambre,  je me retrouve face à un singe qui m’empêche de sortir. Je dois attendre dans ma chambre qu’il décide de partir. La situation est aussi absurde, qu’effrayante. D’autant plus que ce singe est malade. Son corps semble habiter par la mort. A mon retour, je découvre toujours de longues trainées de merde, qu’il a laissée devant la porte de ma chambre, à la manière d’une peinture de Jackson Pollock.

Ma chambre ressemble à une cellule de moine. le strict minimum, dans un espace minimum. L’électricité coupe plusieurs fois par jour. A cause des singes, encore eux, qui endommagent les fils électriques. Je me lave à l’indienne, quand il y de l’eau. Accroupi, avec un sceau.

La solitude que je vis ici est un cadeau. Même si l’Inde peut s’avérer difficile. C’est la première fois que je suis soumis à une solitude aussi complète, aussi loin de tout et c’est une expérience magnifique.

000000870003