La violence, parfois

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Chaleur étouffante à Varanasi. Des chiens partout. Je ferme les yeux et je distingue parfaitement, comme si c’était hier, l’image de cette femme, qui descend le grand ghât principal, accompagné de sa famille et de quelques musiciens. S’allongeant à chaque pas dans une posture de soumission à Dieu, elle mettra une partie de la journée à atteindre le temple. La vie renversée c’est ici.

Quoi d’autres ? Tout et son contraire. Je regarde le Gange de la fenêtre de ma chambre. J’observe le manège d’un batelier, aidé d’un enfant, qui essaye de faire monter un chien dans une barque. Le batelier finit par partir, laissant l’enfant  seul avec le chien, qui réussit à faire monter l’animal dans la barque. Il rame jusqu’au milieu du fleuve.  Et essaie de débusquer le chien qui se cache sous le banc du rameur. Je devine la terreur du chien quand je réalise que l’enfant essaie de le jeter à l’eau.  Qu’il cherche à le noyer. Effroi. Le chien fini par tomber à l’eau. L’enfant essaie de l’assommer avec sa rame, mais la bête arrive à rejoindre la rive.

La violence ici, par instant explose. Comme avec ses deux adolescents en maillot de bain que je vois se battre, sur les rives du Gange, entouré bientôt par des dizaines de personnes, qui regardent le spectacle sans intervenir. Des coups d’une violence extrême. Extrême, comme cette meute de chiens que j’ai vu l’autre jour, s’attaquer à mort, à un autre chien. Des aboiements que tu n’oublies pas.