Si le chien me lance une pierre

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Si le chien me lance une pierre, se dit-elle, je la rapporte dans ma gueule. Jean Genet

Ici, on croirait voir les rejetons de Jean Genet. Tu ne peux pas les rater, ils trainent en bande toute la journée sur les ghâts. Au début, Je les évitais. J’ai fini par les approcher. Ils sont les petits caïds du Gange qui attendent le touriste. Si tu veux de l’opium, c’est à eux qu’il faut s’adresser. L’un d’eux, me dit tu n’as rien à craindre, nous ne sommes pas méchant, il suffit de trainer avec nous quelques jours, pour s’en rendre compte. Et c’est vrai. D’ailleurs, ils savent que je n’achèterai rien de ce qu’ils veulent me vendre. Je souhaite simplement en apprendre un peu plus sur eux. Je les trouve à la fois ridicule et touchant dans leur désoeuvrement. Dans leur attitude de voyous, ou tu devines dans la profondeur de leur regard, qu’ils sont des enfants de la rue. Ils savent tout ce qui se passe sur les ghâts, te provoquent en te parlant de sexe sans détour. Te font l’inventaire, entre fantasme et réalité de toutes leurs conquêtes, qu’ils te montrent sur leur téléphone. Sont du style à te lancer sans ambages Tu devrais essayer avec un homme. Car ici, je commence à comprendre, que l’on pratique communément, l’homosexualité par défaut.

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C’est peu de dire que la relation entre les hommes et les femmes en Inde est complexe. Je me souviens de cet homme qui me parle de sa femme et de sa petite fille. De m’avouer que ce n’était pas un mariage d’amour. D’un autre qui me parle des saris brûlés, ces accidents de cuisine dans lesquels les femmes sont immolées, souvent provoqués par la famille ou la belle famille de la victime à la suite de disputes liées à la dot.

Me revient l’image de cette femme, faisant l’aumône dans la rue, le visage brulé. Etait-ce une attaque à l’acide ? Comme j’ai pu en trouver dans les pages du Times Of India. Me revient aussi l’image de cette autre femme, sans main à son balcon, que j’ai découvert avec effroi.